À la Brasserie du Comté, les bouteilles reviennent pour repartir sur les étagères

Paul Savoyard

À la Brasserie du Comté, les bouteilles reviennent pour repartir sur les

200 000 bouteilles de 75 cl et 1 L pourraient retrouver les étagères chaque année après collecte, lavage et retour chez les distributeurs. La Brasserie du Comté a bâti cette boucle locale pour que le contenant continue après une seule vente.

Le projet, distingué au concours Millésime 2026, repose davantage sur l’organisation que sur les discours. Pour les personnes qui achètent un soda ou une bière en grand format, il faut rapporter le flacon afin qu’il reparte dans le circuit.

Une récompense à Avignon pour une boucle locale

Organisé par Adelphe, le concours Millésime en était à sa 7ᵉ édition en 2026. Plus de 50 candidatures y ont été reçues, puis cinq projets ont été primés dans les catégories Éco-conception, Réemploi et Innovation.

La Brasserie du Comté a été distinguée dans la catégorie Réemploi. Les lauréats ont été honorés à Avignon en 2026, et chacun a reçu une dotation de 10 000 €.

Cette reconnaissance donne surtout de la visibilité à une mécanique rarement visible depuis le rayon. Le contenant rempli cache une collecte régulière, un lavage fiable et des étiquettes capables de disparaître sans abîmer le verre.

Le retour hebdomadaire des grandes surfaces et restaurants

La collecte est assurée chaque semaine, dans les grandes surfaces comme dans les restaurants. Ce rythme évite que le réemploi dépende de retours occasionnels.

Le projet se déploie dans les Alpes-Maritimes et le Var. Il repose aussi sur une collaboration avec l’opérateur l’Incassable, afin de faire circuler les contenants dans une boucle locale.

Le geste consiste à rapporter un grand format plutôt qu’à le jeter. La suite demande une chaîne complète : récupérer, trier, acheminer, laver, puis remettre en circulation.

OC’Consigne lave les contenants dans le sud de la France

Le lavage est assuré par OC’Consigne, dans le sud de la France. Les étiquettes lavables sont, elles, sourcées localement, ce qui répond à un obstacle très concret du réemploi : un flacon ne peut repartir proprement si son habillage résiste au lavage.

La brasserie, fondée en 2012, produit des bières et des sodas 100 % naturels, artisanaux et bio. Edwards Dilly est présenté comme son fondateur.

Un prix ne suffit pas à faire revenir un contenant sur une étagère. Le projet se juge sur sa capacité à remettre les formats de 75 cl et 1 L dans le commerce, année après année.

Le cap annoncé : 100 % de réemploi pour les grands formats

L’objectif affiché est de remettre 200 000 unités réemployées sur le marché chaque année. La structure vise aussi 100 % de réemploi sur les grands formats d’ici la fin de 2026.

Ce calendrier mesure le projet. Il s’agit de faire du réemploi la règle pour les formats concernés.

Au moment de choisir ces contenants, leur retour doit être prévu dès la vente. Le système reste exigeant, car il dépend autant de la collecte en magasin ou au restaurant que du lavage et de la remise en rayon.

Pourquoi l’emballage pèse lourd dans les filières de boisson

Dans la filière viticole, les emballages représentent entre 30 et 40 % des émissions de CO₂. Ce chiffre ne décrit pas à lui seul le projet récompensé, mais il rappelle pourquoi la circulation des bouteilles dépasse la seule question du tri.

Réemployer demande de garder le verre dans une boucle utile. Le retour du contenant donne à cette chaîne sa matière première.

La Brasserie du Comté fixe ainsi un objectif concret : faire revenir les grands formats pour qu’ils repartent. Entre le rayon, le restaurant et le lavage, le verre retrouve une seconde tournée, sans que le geste du client prenne toute la place.