Chambéry by Wine : pour 8 euros, les cépages alpins se dégustent au cœur de la ville

Paul Savoyard

Chambéry by Wine

Huit euros pour goûter la jacquère, la mondeuse, le gringet et le persan au milieu des fanfares : c’est le tarif du pass dégustation de Chambéry by Wine. L’événement a investi le centre historique du chef-lieu savoyard samedi 4 juillet, de 18h à 21h. Pour sa huitième édition, le rendez-vous a une nouvelle fois transformé les rues en caveau géant à ciel ouvert.

Il est organisé par le Comité Interprofessionnel des Vins de Savoie, avec l’appui de partenaires dont l’Office de tourisme.

Le principe n’a pas changé d’un pouce, et c’est tant mieux : on déambule de place en place, verre à la main, pendant que la musique donne le ton. Si vous n’avez jamais déambulé entre la rue Derrière les Murs, la place Saint-Léger, la place de l’Hôtel de Ville et la place Métropole, où se déroulent les dégustations selon Savoie News, ce format est la porte d’entrée idéale, sans voiture, sans rendez-vous, sans jargon.

Quatre places au lieu de cinq : un format resserré qui change la dégustation

Nouveauté de cette édition : le parcours s’est resserré. Quatre spots contre cinq les années précédentes. De quoi craindre une édition au rabais ?

C’est l’inverse qui s’est produit.

Concentrer la dégustation sur la rue Derrière les Murs, la place Saint-Léger, la place de l’Hôtel de Ville et la place Métropole, c’est dessiner un circuit simple. Vous le bouclez à pied sans jamais perdre le fil. Sur chaque site, des stands de dégustation et des musiciens.

Rien à planifier : vous suivez la fanfare, vous vous arrêtez où le verre vous appelle.

Ce resserrage a du sens pour qui connaît le vignoble alpin. Mieux vaut quatre haltes où l’on prend le temps de sentir un gringet que cinq escales expédiées entre deux notes de cuivre. Ce cépage de montagne rare, fin et tendu, vous ne le croiserez presque nulle part ailleurs.

Jacquère, mondeuse, gringet, persan : quatre cépages, quatre caractères

Le programme donne le ton : les cépages autochtones tiennent le devant de la scène. Et c’est là que ce genre de soirée prend toute sa valeur. Vous pouvez passer d’une jacquère vive et délicatement perlante, taillée pour la fraîcheur, à une mondeuse poivrée et colorée, en trois pas et deux gorgées.

Le contraste est la leçon. La jacquère vous parle de l’altitude ; la mondeuse, des coteaux bien exposés où le rouge gagne en structure sans perdre son nerf. Le persan complète le tableau côté rouges.

Quatre verres, et vous avez saisi ce que « vignoble de montagne » veut dire concrètement : de la tension, de la fraîcheur, et des profils qu’aucun autre vignoble français ne reproduit.

Mon conseil de dégustation, valable dans la rue comme au caveau : commencez par les blancs les plus tendus, finissez sur les rouges épicés. Et n’hésitez pas à recracher, trois heures de dégustation en marchant, c’est long, et la modération fait partie du plaisir.

21h : quand les bars et caves à manger prennent le relais

Le dispositif a une intelligence que beaucoup de festivals pourraient copier : il ne s’arrête pas, il bascule. À partir de 21h, cafés, caves à manger, bars à vin et restaurants de la ville prennent le relais.

Traduction concrète : la dégustation debout devient une soirée assise. Vous prolongez ce gringet qui vous avait marqué sur une assiette, vous comparez deux mondeuse autour d’un plat. Le vin retourne à sa place naturelle, la table, et le centre-ville garde l’ambiance jusqu’au bout de la nuit.

Pour un vignoble qui souffre encore de l’image réductrice du « vin de raclette », ce maillage entre producteurs et restaurateurs est précieux. Il montre que ces bouteilles tiennent un vrai repas, pas seulement un apéritif d’après-ski.

Qu’attendre des prochaines éditions ?

Le rendez-vous revient-il chaque été ?

Oui, la formule s’est installée comme un rendez-vous récurrent du début d’été dans le centre historique. L’édition précédente, en 2025, avait rassemblé plus de 2 000 participants autour de cinq ambiances musicales et de plus de 30 vins AOP du vignoble à déguster. Des chiffres qui confirment que l’événement a trouvé son public, bien au-delà des seuls amateurs avertis.

Faut-il connaître le vin pour y aller ?

Aucun prérequis. Le pass à 8 euros reste l’un des accès les plus abordables pour découvrir des cépages que vous ne trouverez pas en grande surface. Si vous hésitez entre plusieurs stands, laissez-vous guider par les vignerons présents : ils préfèrent cent fois expliquer leur élevage à un curieux qu’impressionner un connaisseur.

Le seul vrai réflexe à prévoir pour la prochaine édition : arrivez tôt. Entre 18h et 21h, les stands les plus courus voient les verres se succéder vite. C’est en début de soirée que les vignerons ont le temps de parler terroir.

Huit euros, quatre places, des fanfares et des cépages qu’on ne goûte nulle part ailleurs : la formule tient ses promesses, édition après édition. Gardez l’œil ouvert au printemps prochain. Quand l’affiche du prochain millésime sortira, vous saurez déjà quel verre chercher en premier.