Chaleur, logements, calendrier : le recrutement qui inquiète avant les vendanges

Paul Savoyard

Chaleur, logements, calendrier

Douze personnes sont recherchées pour les vendanges sur les parcelles de la Maison Arca, à Saint-Nazaire. Cette recherche révèle une difficulté très concrète : trouver des bras quand le travail manuel se fait parfois sous 38 °C.

Le recrutement dépend aussi de la chaleur, du logement et de la concurrence du travail saisonnier, qui pèsent sur les équipes à réunir avant le début août.

Douze vendangeurs à trouver pour préserver le travail manuel

Laurent Cambres a fondé sa maison vigneronne il y a 22 ans. Son domaine rassemble plus de 22 hectares de parcelles, avec du Macabeu, des Grenaches et du Malvoisie du Roussillon.

Il tient au travail manuel. Ce choix suppose surtout une équipe présente au bon moment, sur chaque parcelle.

Une machine ne remplace pas une personne dans cette organisation. Le geste manuel impose de recruter assez tôt, puis de garder les saisonniers mobilisés jusqu’à la fin de la récolte.

Travailler sous 38 °C décourage les saisonniers

Le fondateur évoque des journées où il n’est pas rare de travailler sous 38 °C. La chaleur fait peur à une partie des saisonniers : la vendange est un travail physique, répété, réalisé dehors.

Quand les températures montent, le recrutement dépend d’abord des conditions de travail, avant la diffusion d’une annonce.

Les vendanges précoces resserrent encore le calendrier. Les équipes doivent être prêtes plus vite, car attendre peut faire manquer le moment choisi pour récolter les raisins.

Pourquoi le calendrier rend-il la recherche plus tendue ?

Les températures de plus en plus élevées avancent la récolte. Les vignerons doivent compléter leurs équipes saisonnières d’ici début août, selon L’Indépendant, ce qui laisse donc moins de marge pour compléter une équipe, surtout lorsqu’il faut douze personnes sur un domaine de cette taille.

Ce calendrier met les vignerons sous pression. Sans équipe complète, le travail manuel voulu dans les parcelles devient plus difficile à tenir.

Le tourisme complique aussi la question du logement

La chaleur n’explique pas tout. Laurent Cambres décrit aussi des difficultés de logement liées au développement du tourisme, un frein très concret pour des personnes qui viennent travailler pendant la récolte.

Un saisonnier doit pouvoir dormir près de son emploi ou s’y rendre sans obstacle. La main-d’œuvre doit aussi pouvoir s’installer pour la durée des vendanges.

Le logement est un sujet moins visible que la météo, mais il peut compliquer la constitution d’une équipe.

L’Espagne offre maintenant moins de raisons de traverser la frontière

Le vigneron souligne que le SMIC a augmenté en Espagne, tout comme l’accès au chômage. Il estime que les migrants espagnols ont donc peu d’intérêt à venir travailler en France pour cette période.

Cette évolution réduit une ressource autrefois envisagée par certains employeurs. Le recrutement dépend des journées chaudes, d’un hébergement difficile et de candidats qui ont davantage de raisons de rester de l’autre côté de la frontière.

Une annonce supplémentaire ne règle pas le problème. Quand la vendange avance et que les conditions se durcissent, il faut pouvoir proposer un travail faisable et un séjour possible.

Ce que cette tension raconte des prochaines récoltes

Le cas de cette maison vigneronne montre une fragilité nette : la récolte dépend d’équipes saisonnières alors que les conditions pour les attirer se compliquent. Préserver le travail manuel demande donc plus qu’un savoir-faire dans les rangs.

Derrière les raisins de Macabeu, de Grenache ou de Malvoisie du Roussillon, il y a des personnes à recruter avant la récolte. Si la chaleur, le logement et le calendrier se referment ensemble, les vendanges deviennent un défi humain autant qu’agricole.