Première femme à présider le syndicat : Laurianne Tournier face au défi de l’unité

Paul Savoyard

Première femme à présider le syndicat

Depuis le 6 juillet 2026, Laurianne Tournier préside le syndicat des vignerons des Pyrénées-Orientales. Première femme à ce poste, la vigneronne de Trouillas place sa présidence sous un mot d’ordre net : « fédérer ».

Elle succède à David Drilles et veut être « la présidente de tous les vignerons ». Le mégafeu de Trévillach donne un relief concret à cette promesse : une vingtaine de vignerons ont été touchés et environ 150 hectares de vignes ont été détruits.

« Je veux avant tout fédérer » : le mandat s’ouvre à tous les vignerons

La priorité déclarée de la présidente tient dans ce verbe. Je retiens surtout ce choix : il rejoint sa volonté d’être « la présidente de tous les vignerons » et donne une direction lisible à sa prise de fonction.

Elle souhaite que l’ensemble de la profession parle « d’une seule voix ». Les situations restent différentes, mais cette parole commune doit servir l’accompagnement des exploitants touchés et la défense de leurs intérêts auprès des institutions.

Cette orientation relie deux engagements : accompagner les exploitants touchés par le feu et mieux promouvoir les vins du territoire. Ils appartiennent à des registres différents, mais ils demandent tous deux une parole collective.

Pour vous qui cherchez à comprendre le rôle d’une présidence syndicale, l’enjeu se situe dans le passage du cas individuel à la parole commune. Une unité utile se mesure ensuite dans les dossiers concrets, quand plusieurs exploitants portent une même difficulté.

De six générations aux caves, un parcours qui relie plusieurs métiers

La présidente est issue d’une famille de vignerons depuis plus de six générations à Trouillas. Elle a repris l’exploitation familiale en 2016, y a recréé une cave particulière et lancé le Clos Cérianne.

Son parcours comprend un bac scientifique en lycée agricole, puis un master en école de commerce spécialisé dans le vin. Elle a aussi travaillé chez des négociants, dans des caves coopératives et dans des caves particulières.

Elle s’est engagée chez les Jeunes Agriculteurs, à la FDSEA et chez les Vignerons indépendants. Cette trajectoire relie plusieurs façons de travailler dans le vin, de l’exploitation familiale aux organisations professionnelles.

Que peut apporter ce parcours à la présidence ?

Il relie le négoce, les caves coopératives, les caves particulières et la vie d’une exploitation familiale. Pour vous, cette expérience offre un point de départ pour entendre des métiers différents et chercher une position commune.

Une vingtaine de vignerons face au feu : l’unité mise à l’épreuve

Le mégafeu de Trévillach a touché une vingtaine de vignerons et détruit environ 150 hectares de vignes. Ces deux mesures donnent une échelle humaine et agricole au dossier.

La présidente veut accompagner les exploitants touchés et défendre leurs intérêts auprès des collectivités et de l’État. Le soutien prend donc deux formes : accompagner les personnes et représenter leurs intérêts.

Pourquoi parler d’une seule voix dans ce dossier ?

Parce que le feu concerne une vingtaine de vignerons et environ 150 hectares, la réponse ne se limite pas à une seule exploitation. Vous pouvez comprendre la demande d’unité à cette échelle : une parole commune porte plus clairement les intérêts de personnes touchées par le même événement.

Cette ligne est la bonne pour un syndicat confronté à un incendie de cette ampleur. Elle donne une mesure précise à sa promesse : agir auprès des exploitants, puis porter leur défense au-delà de chaque parcelle.

Les friches agricoles peuvent-elles devenir un sujet syndical ?

La présidente considère que les friches agricoles deviennent des réservoirs de combustible. Elle estime aussi que la vigne peut contribuer à créer des ceintures vertes autour des villages et à limiter la propagation des incendies.

Le verbe « peut » garde une place à l’hypothèse : la vigne est présentée comme une contribution possible face aux friches et au feu. Cette formulation reste mesurée, car elle rattache la vigne à une contribution, pas à une réponse unique.

Pour vous qui cherchez le lien entre vigne et incendie, le sujet devient concret : l’état des friches peut peser sur la propagation des incendies, tandis que la vigne est envisagée comme une réponse possible autour des villages.

Des vieilles vignes pour redonner de la fierté aux vignerons

Son mandat prend aussi appui sur son exploitation familiale. Elle y vinifie deux hectares et demi de vieilles vignes de plus de 60 ans, dans la cave particulière recréée lors de la reprise.

Ce travail donne un ancrage concret à sa volonté de redonner de la fierté aux vignerons et de mieux promouvoir les vins locaux. La parole syndicale part alors d’une expérience de domaine, puis cherche à servir un collectif plus large.

Pour vous qui entrez dans un vin par son domaine, ce parcours rappelle que la cohésion professionnelle peut s’appuyer sur des histoires de cave, de vieilles vignes et de transmission. Les différences entre les exploitations restent ainsi une matière pour construire une parole collective.

À la tête du syndicat, la présidente porte une ligne claire : rassembler les vignerons, soutenir ceux touchés par le feu et redonner de la fierté aux bouteilles. Pour vous, la suite se mesurera à la capacité d’une profession à parler d’une seule voix sans effacer la diversité de ses exploitations.