Le 24 juillet 2026, le tribunal judiciaire de Perpignan a confié la reprise du GICB au domaine Lafage, qui devient Terrasses Vermeilles. La coopérative, lestée de 20 millions d’euros de dette, pèse 50 % de la viticulture du cru Collioure-Banyuls.
Le sujet reste donc celui d’un outil collectif dont l’équilibre conditionne une large part des vignes du cru. Pour les coopérateurs comme pour les amateurs, la reprise ne se résume pas à un changement de nom sur une étiquette.
Le 9 juillet 2026, Perpignan devait trancher pour la plus grande coopérative du cru
Le GICB était présenté comme la plus grande coopérative de Banyuls-Collioure. Placé en redressement judiciaire, il attendait la décision du tribunal judiciaire de Perpignan sur son avenir.
Vous pouvez y voir une affaire de gestion. Elle touche pourtant directement la capacité d’un territoire à vinifier ses raisins et à maintenir un débouché collectif pour ses coopérateurs.
La procédure venait après une période où plusieurs difficultés se sont accumulées. La dette pèse lourd, mais elle n’explique pas tout.
20 millions d’euros de dette face aux récoltes frappées par la sécheresse
La crise du marché du vin, l’effondrement des récoltes lié aux années de sécheresse et une cave devenue surdimensionnée ont mis la structure en danger. Ces causes s’additionnent, alors qu’aucune ne se règle par une simple baisse des coûts.
Vous comprenez mieux la fragilité du dossier : moins de récolte signifie moins de matière à vinifier, tandis qu’un grand outil conserve ses charges. Quand le marché ralentit en même temps, la marge de manœuvre se ferme vite.
La cave du Mas Ventous se retrouve au centre de cette équation. En janvier 2026, son directeur, Laurent Barreda, la décrivait pourtant comme « un atout technologique haut de gamme pour la vinification ».
Le Mas Ventous est trop grand, mais son équipement garde une valeur
Cette contradiction raconte tout le dossier. Un chai peut être trop vaste pour le volume disponible et garder un intérêt concret pour qui veut produire et vinifier dans de bonnes conditions.
Vous ne devez donc pas lire le mot « surdimensionnée » comme la condamnation de l’outil lui-même. Il décrit l’écart entre sa capacité et la situation actuelle des récoltes, pas sa qualité technique.
Le repreneur éventuel hérite ainsi d’un bâtiment lourd à faire tourner, mais aussi d’un équipement que la direction juge haut de gamme. La reprise se joue dans cet équilibre, beaucoup plus que dans une promesse de communication.
Lafage, seul candidat, arrive avec plus de 300 hectares dans le département
Le domaine Lafage était le seul repreneur en lice. Il dispose de plus de 300 hectares dans le département et s’inscrit dans une histoire de 7 générations de vignerons.
Vous pouvez en tirer un repère simple : l’offre vient d’un acteur déjà installé dans le vignoble local. Cela ne garantit pas l’issue ni les choix futurs, mais cela donne un cadre agricole au projet de reprise.
Gérard Bertrand, acteur audois intéressé un temps, n’a finalement pas donné suite. Il ne restait donc qu’une proposition à examiner.
Une large majorité des coopérateurs aurait soutenu l’offre
L’offre de reprise aurait convaincu la grande majorité des coopérateurs. Cette adhésion, rapportée avec prudence, compte car une coopérative ne se relève pas seulement avec un propriétaire : elle doit aussi retrouver l’appui de ceux qui apportent les raisins.
Vous pouvez attendre d’une telle reprise qu’elle réponde d’abord à cette question très concrète : comment faire vivre un outil collectif quand les volumes baissent et que le marché du vin traverse une crise ? C’est là que se joue la suite.
Entre dette, sécheresse et cave surdimensionnée, le dossier laisse peu de place aux effets d’annonce. Pour les vignes de Collioure-Banyuls, l’enjeu reste de préserver un lieu où les raisins puissent devenir du vin, avec mesure et sans masquer les difficultés.






