En mai 2026, Ivan Massonnat a repris le Domaine du Closel. Plusieurs offres avaient été déposées. La sienne a été retenue.
Cette transmission ouvre une séquence attendue à Savennières, après la disparition d’Évelyne de Pontbriand en 2024. Vous ne regarderez plus ce nom comme celui d’une simple propriété : il porte maintenant une continuité familiale, un nouveau pilotage et un travail de lecture des parcelles déjà engagé.
Après Évelyne de Pontbriand, une reprise sans rupture de propriété
La famille de l’ancienne propriétaire conserve les vignes et les bâtiments. Le repreneur prend donc la direction du domaine, tandis que le socle foncier reste entre les mains de ceux qui l’ont longtemps porté. Évelyne de Pontbriand avait contribué au lancement de la Paulée d’Anjou et à la création de l’Académie du Chenin.
Cette distinction compte pour vous si vous suivez les vins dans le temps. Elle évite de réduire l’opération à un changement d’étiquette : le lieu garde ses propriétaires, mais son projet de production entre dans une phase nouvelle.
Le passé du domaine dépasse d’ailleurs une seule génération. Bernard Barbat du Closel fait partie de cette histoire locale. Cette histoire locale ne décide pas du goût d’un vin, mais elle explique pourquoi une succession y prend une résonance particulière.
Douze parcelles pour relire les coteaux exposés au sud-est
Le vignoble couvre environ une douzaine d’hectares, sur des coteaux principalement exposés au sud-est autour du village. Une étude approfondie des terroirs a été lancée et a identifié 12 parcelles aux profils distincts.
Le travail commence là. Pour vous, cette cartographie donne une clé de lecture simple : une cuvée peut chercher à exprimer un lieu précis plutôt qu’à lisser des raisins venus de toutes les pentes.
Antoine Fardeau, directeur de production depuis 2022, reste en place dans ce chantier. Sa présence offre un fil entre les choix déjà menés et ceux qui vont suivre. Un domaine ne se réécrit pas à chaque reprise ; il avance aussi grâce aux gestes et aux repères conservés au chai comme dans les vignes.
Cette étude peut aussi rendre les futures bouteilles plus lisibles. Lorsque des parcelles sont distinguées, le lecteur peut mieux comprendre l’origine d’un style, d’une tension ou d’une matière, sans transformer le terroir en discours décoratif.
Le Papillon reste, une gamme de chenins s’élargit
La cuvée Le Papillon sera conservée. Elle demeure l’un des repères du domaine et un exemple de chenin blanc, alors qu’une nouvelle gamme de chenins secs, demi-secs et moelleux est annoncée.
Vous y gagnerez une lecture plus directe des styles proposés. Le sec, le demi-sec et le moelleux ne racontent pas la même place à table ; les réunir dans une même gamme permet de suivre le cépage sur des équilibres différents.
Ce choix ne tourne pas le dos à l’identité du lieu. Savennières s’organise autour de trois coteaux : Serrant, La Roche aux Moines et Le Papillon. Garder cette cuvée revient à maintenir un nom déjà inscrit dans cette géographie viticole.
La décision est juste : conserver un repère connu tout en élargissant les expressions du chenin donne au projet une direction compréhensible. Vous pourrez chercher une bouteille selon son style, sans perdre le lien avec les coteaux qui ont fait la réputation de l’appellation.
La Jalousie 2022 rappelle le niveau déjà atteint
La cuvée Savennières La Jalousie 2022 figure dans le classement Wine Spectator des cent meilleurs vins du millésime. Ce résultat place une bouteille du domaine dans une sélection large, mais il ne doit pas faire oublier la matière première du dossier : les parcelles et leur travail.
Pour vous, cette reconnaissance donne un point d’entrée concret dans l’histoire récente de la propriété. Elle montre aussi qu’une reprise peut s’appuyer sur des cuvées déjà identifiées, plutôt que promettre une table rase.
L’appellation possède son propre cadre, et le nouveau chapitre devra se jouer à l’intérieur de cette histoire, entre les coteaux, les choix de gamme et la continuité du travail de production.
Ivan Massonnat arrive avec Bélargus et la propriété du Domaine de Beauséjour à Chinon. Mais ici, la première bouteille à attendre n’a pas besoin d’effet d’annonce : elle devra dire ce que les douze parcelles, Le Papillon conservé et les chenins annoncés peuvent encore apporter au verre. À table, on la servira avec attention et modération.






