Un exercice annuel sous le signe de l’optimisme
Le vendredi 10 avril 2026, le Syndicat régional des vins de Savoie a tenu son assemblée générale à Apremont, au cœur de l’un des plus emblématiques crus du vignoble. L’événement a rassemblé viticulteurs, négociants et institutionnels pour dresser le bilan de l’année 2025 et définir les priorités de la filière pour les mois à venir. Le constat global est positif, malgré un contexte climatique exigeant.
Les dirigeants du syndicat ont souligné la résilience du vignoble savoyard face aux aléas météorologiques. Si la sécheresse estivale de 2025 a contraint les vignerons à avancer leurs dates de vendange, la qualité des raisins récoltés s’annonce au rendez-vous. Les baies, plus concentrées que la moyenne, laissent entrevoir des millésimes 2025 marqués par la finesse et la tension aromatique, particulièrement sur les cépages blancs comme la Jacquère et l’Altesse.
Des chiffres de production en retrait, mais une qualité préservée
Comme l’ensemble des vignobles français, la Savoie a subi une baisse de volume en 2025. Le ministère de l’Agriculture avait annoncé en septembre 2025 une récolte nationale en retrait de 13 % par rapport à la moyenne quinquennale. Dans ce contexte, le vignoble alpin a su préserver son équilibre économique grâce à une politique de valorisation des crus et à une demande croissante sur les marchés extérieurs.
Les vins blancs de Savoie, portés par l’appellation Vin de Savoie et ses seize crus, continuent de tirer leur épingle du jeu. L’Apremont, l’Abymes, le Chignin-Bergeron et la Roussette de Savoie affichent une cote stable, voire en hausse, auprès des cavistes et des restaurateurs. La Mondeuse, cépage rouge emblématique du cru d’Arbin, connaît également un regain d’intérêt, notamment auprès d’une clientèle parisienne et internationale en quête de singularité.
L’œnotourisme, priorité stratégique… mais défi structurel
L’assemblée générale a mis en lumière un paradoxe majeur du vignoble savoyard : sa force viticole n’est pas encore proportionnelle à son attractivité touristique. Lors des débats, Cécile Terrien, représentante de l’association parisienne Vins et…, a rappelé que la Savoie accusait un retard structurel en matière d’œnotourisme par rapport à d’autres régions alpines comme le Jura ou l’Alsace.
Ce constat, déjà relayé par la presse régionale, pose la question des infrastructures d’accueil et de la visibilité du vignoble auprès du grand public. Le syndicat a annoncé son intention de renforcer les partenariats avec les offices de tourisme et de développer des circuits de dégustation structurés entre les différents crus. L’objectif est de transformer le touriste de passage en amateur fidèle des vins de montagne.
Perspectives 2026 : export, bio et transmission
Pour l’année 2026, trois axes prioritaires ont été définis. Le premier concerne le développement à l’export. Les vins de Savoie, longtemps cantonnés à une clientèle locale et parisienne, gagnent du terrain en Belgique, aux Pays-Bas et en Scandinavie. Le syndicat prévoit une présence renforcée sur les salons internationaux, notamment à Düsseldorf et à Londres.
Le deuxième axe porte sur la conversion biologique. La part de surfaces en bio ou en conversion ne cesse de croître dans le vignoble savoyard, portée par une génération de vignerons sensibilisée aux enjeux environnementaux. Le salon Jour Fruit, qui impose le bio comme critère d’entrée, illustre cette dynamique.
Enfin, la transmission des exploitations reste un enjeu critique. Le syndicat a appelé à une mobilisation des institutions pour faciliter l’installation des jeunes viticulteurs, notamment via l’accompagnement financier et la mise en relation avec les propriétaires souhaitant céder leur domaine.
— « Vins de Savoie : un bilan positif pour l’année 2025 », Le Dauphiné Libéré, 12 avril 2026
— « Œnotourisme : la Savoie en retard », Le Dauphiné Libéré, 12 avril 2026
— « Vin : vers une très faible récolte 2025 », Sud Ouest, 10 septembre 2025
Date de vérification des données : 10 juin 2026. Les chiffres de production précis du vignoble savoyard n’étaient pas encore publiés au moment de la rédaction.






