Dans les jardins de l’Hôtel Royal, Emmanuel Macron a accueilli Volodymyr Zelensky dans la matinée du 16 juin 2026. Cette image a donné le ton de la deuxième journée du sommet tenu à Évian-les-Bains, en Haute-Savoie, du 15 au 17 juin 2026. Cette séquence a pesé lourd : l’Ukraine a pris le centre de la table, avec d’autres dossiers en parallèle.
La France présidait alors le G7, réuni en Haute-Savoie. Le rendez-vous s’était ouvert la veille, en présence de Donald Trump. Le lendemain, le sommet a changé de densité politique : guerre en Ukraine, Gaza, Iran, puis un dîner de travail au décor très français.
Tout s’est resserré en quelques heures.
Pour le cadre général, une page officielle présente toujours ce rendez-vous sur sa page dédiée au sommet du G7 à Évian. Mais ce qui compte ici, c’est le fil de cette journée du 16 juin. Les symboles et les messages se sont enchaînés sans temps mort.
L’arrivée du président ukrainien a déplacé le centre de gravité
L’homme fort de cette deuxième journée, c’était d’abord le président ukrainien. Son arrivée a eu lieu dans la matinée, puis son accueil par le chef de l’État français s’est déroulé dans les jardins du palace qui abritait la réunion. Rien, dans cette mise en scène, n’avait l’air secondaire.
Le sommet a reçu un invité qui a fait basculer la journée. Le programme de discussions annonçait déjà que la guerre en Ukraine devait occuper une bonne partie des échanges de le jour J. Cette journée a pesé plus lourd que la précédente : elle a placé un conflit majeur au cœur du rendez-vous, au lieu de le laisser en marge.
Ce basculement compte aussi par contraste. La veille, l’ouverture du sommet avait surtout été marquée par la présence du président américain. Le lendemain, le centre du récit a glissé vers Kiev et vers la guerre.
La hiérarchie diplomatique de la journée tenait dans ce déplacement-là.
À 19:21, Gaza s’est invitée dans la réunion d’Évian
Le 16 juin ne s’est pas refermé sur un seul dossier. À 19:21, Abdel Fattah al-Sissi a exhorté Israël à abandonner son projet de prendre le contrôle de 70 % de la bande de Gaza. Puis il a ajouté cette phrase, très dure : « Il ne reste effectivement que 30% de la bande de Gaza au peuple palestinien ».
Le poids réel de cette journée tenait aussi à cela : l’Ukraine occupait une large part des discussions, mais Gaza s’invitait dans la même réunion, au même moment politique, dans le même lieu. Quand un sommet additionne deux fronts de cette ampleur le même jour, il change de nature. Il dépasse la simple séquence protocolaire.
Le fait que cette prise de parole soit signalée à Évian donne encore plus de relief à la scène. Le lieu ne servait plus de simple décor alpin. Il devenait, le temps de quelques heures, un carrefour où plusieurs crises extérieures se répondaient d’une salle à l’autre.
Un texte d’une page et demie sur l’Iran : peu de volume, mais un signal clair
À 18:08, un autre élément est venu épaissir la journée. Le ministère suisse des Affaires étrangères a indiqué que l’accord entre les États-Unis et l’Iran devait être signé vendredi en Suisse. Le document, lui, faisait environ une page et demie et restait très général.
Un texte aussi court ne raconte pas tout, loin de là, mais sa seule annonce au milieu d’une journée déjà chargée ajoutait une troisième ligne diplomatique à suivre. Dans cette séquence, le sommet avait alors trois foyers de tension ou de négociation sur la table, presque en parallèle.
Pourquoi cette brièveté du texte comptait-elle autant ?
Parce qu’un document présenté comme très général dit deux choses à la fois. D’un côté, il existe bien une trajectoire vers une signature annoncée pour vendredi. De l’autre, on reste sur un cadre, pas sur un exposé détaillé des points réglés.
Cette nuance change la lecture du 16 juin. La journée ne se résumait pas à des images de poignée de main ou de jardins impeccables. Elle mêlait un conflit en cours, une alerte régionale et un accord annoncé, le tout dans un calendrier serré.
Le dîner signé Emmanuel Renaut prolongeait la diplomatie autrement
À 18:40, le sommet montrait un autre visage, plus feutré mais tout aussi politique. Le chef 3 étoiles Emmanuel Renaut a signé le dîner de travail servi aux neuf dirigeants présents lundi soir. Là encore, le choix n’avait rien d’anodin : le repas faisait partie du langage du sommet.
Le menu comprenait une entrée, deux plats, un dessert et un plateau de fromages. Des champignons, des petits pois et de l’omble chevalier y figuraient. Si vous connaissez un peu la région, ce détail parle vite : le lieu recevait le monde, mais avec des marqueurs de table bien choisis.
Même quand la journée se charge de guerre, de Gaza et d’Iran, la diplomatie passe aussi par ce qu’elle sert à dîner. Pas pour adoucir les dossiers. Pour encadrer les échanges, tenir les rangs, et rappeler que la présidence française entendait donner une couleur précise à ce huis clos.
À 23:16, la deuxième journée laissait une impression de sommet resserré
À 23:16, le suivi en direct s’arrêtait sur une formule simple : « Ce direct est maintenant terminé. » La phrase paraît sèche. Elle tombe pourtant après une journée qui avait brassé l’Ukraine, Gaza, l’Iran et la mise en scène d’un dîner de travail dans le même décor.
Le 16 juin ressort comme le moment où le sommet a vraiment pris son volume politique. L’ouverture du lundi installait le cadre. Le mardi concentrait les sujets qui pèsent, les images qui restent et les messages que chaque camp voulait faire passer.
Quelques semaines plus tard, c’est sans doute ce qui demeure de cette séquence à l’Hôtel Royal : une journée où les crises se sont entassées sans se confondre, où chaque apparition comptait, et où la diplomatie s’est jouée à la fois dans les jardins, autour de la table et jusque dans la dernière ligne du direct. Le sommet peut se relire par le protocole, par les déclarations ou par le menu ; le 16 juin tenait justement parce qu’il réunissait les trois.






