Le 4 juillet 2026, quatre haltes ont remplacé les cinq lieux proposés l’année précédente dans le centre historique de Chambéry. Chambéry by Wine a choisi un format plus resserré, mais sans réduire le sujet à un simple verre tendu dans la rue. La soirée mettait les cépages alpins au centre, avec des concerts et des sommeliers pour donner un rythme aux dégustations.
Cette 8e édition, organisée par le CIVS avec le soutien de l’Office de tourisme, racontait surtout une idée simple : un vignoble se comprend mieux quand chaque lieu donne un angle de lecture. Vous pouviez passer d’une appellation à un cépage, puis d’un verre à la musique, sans quitter le cœur de la ville.
Quatre places, quatre façons d’entrer dans le vignoble
Rue Derrière les Murs, les dégustations portaient sur les terroirs des AOP Vin de Savoie. Le choix du mot terroir compte ici : il évite de mettre tous les blancs et tous les rouges dans le même panier. Vous pouviez chercher ce que le lieu apporte au vin, plutôt que de retenir seulement une étiquette.
Place Saint-Léger, les vins AOP de Savoie prenaient place dans une présentation plus large. C’était utile pour saisir la diversité d’un vignoble que l’on réduit trop vite au blanc de fromage fondu. Un vin vif peut accompagner une table riche, mais il garde aussi sa personnalité hors du repas.
La place de l’Hôtel de Ville accueillait les sommeliers de Savoie Alpes Bugey. Leur présence donnait du relief au parcours : un vin gagne à être commenté avec des mots simples, sur sa fraîcheur, son grain ou son allonge. Vous pouviez ainsi poser une question concrète, sans transformer la dégustation en cours magistral.
Place Métropole, la jacquère ne venait pas seule
La place Métropole proposait une découverte des cépages historiques du vignoble savoyard. La jacquère, la mondeuse, le gringet et le persan y étaient cités. Quatre noms suffisent déjà à rappeler que la montagne ne produit pas un style unique.
Vous ne cherchez donc pas la même sensation dans ces deux verres, même lorsqu’ils viennent d’un même territoire alpin.
Les réunir dans un même parcours avait du sens. Cela permettait de sortir du réflexe qui consiste à commander un « vin de Savoie » sans demander le cépage.
Pourquoi la musique tenait mieux qu’un décor de fête
Des concerts en pleine rue étaient annoncés pendant la manifestation. La musique ne remplaçait pas le vin ; elle changeait la façon de circuler entre les stands et les places. Vous pouviez rester quelques minutes, revenir vers une autre halte, puis prolonger la conversation autour d’un cépage.
Ce format public a une limite heureuse : il faut aller à l’essentiel. Un nom de raisin, une sensation en bouche, une idée d’accord à table. Le jargon perd face à cette simplicité, car un passant doit comprendre ce qu’il goûte avant de poursuivre sa marche.
Un pass à 8 euros, pour quoi faire ?
Le pass dégustation était proposé à 8 euros. Il donnait un cadre au parcours sans faire de la soirée une opération réservée aux habitués des caveaux. Vous pouviez choisir vos arrêts, comparer les styles et garder le verre comme un outil de découverte, pas comme une course.
La formule avait aussi le mérite de laisser le temps au vin. Entre deux places, on peut retenir une fraîcheur, une note poivrée ou une bouche plus ample. Ce sont ces contrastes qui aident ensuite à acheter plus juste, ou à choisir une bouteille pour un plat précis.
Après 21 heures, les tables prenaient le relais
Les dégustations étaient prévues de 18h à 21h. Après cette heure, cafés, caves à manger, bars à vin et restaurants de la ville prenaient le relais. Vous pouviez alors passer du commentaire rapide au vrai usage du vin : celui de la table.
Ce prolongement est cohérent avec les cépages présentés. Un blanc tendu peut relancer une assiette riche ; un rouge épicé supporte mieux un plat plus franc. Le vin se juge moins sur une formule que sur sa place au repas, à la bonne température et sans excès.
Cette édition de juillet a laissé quatre points de repère très nets : les AOP, les cépages, les sommeliers et les tables qui suivent la dégustation. Pour qui cherche à comprendre le vignoble alpin, le meilleur souvenir reste souvent un nom retenu au bon moment, puis retrouvé plus tard dans une bouteille partagée avec mesure.






