Le 24 juillet 2026, l’offre de reprise portée par le domaine Lafage a été validée pour le GICB-Terres des Templiers. La cave coopérative de Banyuls-sur-Mer, placée en redressement judiciaire depuis le 12 mars 2026, porte maintenant le nom de Terrasses Vermeilles.
La décision ferme une période où deux issues restaient sur la table : la disparition de la coopérative ou sa reprise. Pour les vignerons de la Côte Vermeille, vous comprenez vite l’enjeu : il fallait conserver un outil qui pèse lourd dans les appellations banyuls et collioure.
Une reprise plutôt qu’une disparition pour la cave de Banyuls-sur-Mer
Avant le jugement, une seule proposition avait été confirmée à la barre : celle de Lafage. D’autres candidats, dont le groupe Gérard Bertrand, n’ont pas mené leur démarche jusqu’au bout.
Cette offre a donc fini par dessiner l’unique sortie concrète. Elle ne promet pas d’effacer les difficultés d’un trait, mais elle évite la disparition pure et simple envisagée pendant la procédure.
La coopérative représente près de 60 % des volumes et près de 500 hectares du vignoble de la Côte Vermeille. Quand un tel ensemble vacille, vous ne parlez plus seulement d’une cave : toute la chaîne de production locale se retrouve concernée.
20 millions d’euros de dette et un plan sur dix ans
Le dossier arrivait avec une dette de 20 millions d’euros. L’engagement annoncé dépasse un million d’euros pour les actifs, dont la cave du Mont Ventous.
Un second engagement de 10 millions d’euros sur 10 ans comprendrait les stocks de la coopérative. Ce point compte dans un métier où les bouteilles et les vins en attente de vente font partie de l’outil de travail, au même titre qu’un bâtiment ou qu’un pressoir.
Vous pouvez lire ces montants comme la mesure d’un redémarrage long. Le projet ne repose pas sur une simple reprise de murs : il inclut aussi ce qui doit permettre à la production de continuer à circuler et à être commercialisée.
70 % des salariés repris, mais une relance reste à construire
Le plan prévoit la reprise de 70 % de la centaine de salariés. C’est une donnée concrète, mais elle laisse aussi voir la part douloureuse d’une restructuration : tous les postes ne sont pas couverts par la reprise annoncée.
Laurent Barreda, directeur du GICB, a décrit le projet comme « bon pour les vignerons » et comme « un plan de relance ». Il évoque aussi « 8 ans à combattre », une formule qui remet la décision du 24 juillet à sa juste place : le jugement ouvre une phase, il ne règle pas à lui seul les difficultés accumulées.
Pour vous qui regardez une étiquette de banyuls ou de collioure, cette relance peut sembler lointaine. Elle touche pourtant à la continuité d’une coopérative qui rassemble des raisins, des stocks, des salariés et des débouchés sur le même territoire.
De 25 millions à près de 10 millions d’euros : le recul se lit dans les comptes
En 2011, le chiffre d’affaires atteignait 25 millions d’euros, pour un volume annuel de 23 000 hectolitres. En 2025, il était près de 10 millions d’euros, avec une production proche de 10 000 hectolitres.
Ces deux repères ne racontent pas tout, mais ils expliquent la pression qui pesait sur la coopérative avant le redressement judiciaire. Les volumes et le chiffre d’affaires ont tous deux reculé sur cette période.
La reprise devra donc redonner une direction à une maison qui conserve une place majeure sur la Côte Vermeille. Vous ne pouvez pas réduire le dossier à un changement de nom : les chiffres montrent une activité à reconstruire, avec son histoire et ses stocks déjà là.
Lafage arrive avec 300 hectares et sept générations dans le département
Basé à Perpignan, le repreneur compte 300 hectares sur cinq vignobles. Son ancrage dans le département remonte à sept générations, avec plus de 300 hectares exploités dans les Pyrénées-Orientales.
Cette taille donne au projet une assise agricole et commerciale déjà installée dans le département. Elle ne garantit pas le résultat, car la cave reprise part d’une dette lourde et d’un recul d’activité, mais elle apporte un opérateur qui connaît le même territoire viticole.
Le choix de rebaptiser l’ensemble Terrasses Vermeilles marque cette nouvelle étape. Le nom ne suffira pas : la suite se jouera sur la capacité à relancer les volumes, à valoriser les stocks et à maintenir un débouché pour les coopérateurs.
Que signifie ce nouveau nom pour les bouteilles ?
Les faits disponibles établissent le changement de nom de la structure, pas le détail des futures étiquettes ni de la gamme. Vous aurez donc intérêt à distinguer ce qui est acté, la reprise validée et la nouvelle dénomination, de ce qui devra encore prendre forme dans les années annoncées.
La décision du 24 juillet 2026 laisse surtout une cave debout, avec un financement prévu sur dix ans et une part des emplois reprise. Dans les coteaux de la Côte Vermeille, ce n’est pas une fin de dossier : c’est le début d’un travail lent, bouteille après bouteille, pour redonner du poids à ce nom nouveau.






